La désinfection des trayons après la traite
Quel est son but ?
1. La désinfection après la traite a pour but de réduire la transmission, lors de la traite des bactéries dites à réservoir mammaire, depuis les vaches infectées vers les vaches saines. En effet, lors de la traite mécanique d'une vache infectée, des bactéries persistent sur la paroie des manchons trayeurs.
Il a été montré qu'une transmission de ces bactéries aux six vaches traites après la vache infectée est possible.
Si les germes ne sont pas détruits en fin de traite, ils peuvent se multiplier sur la peau des trayons et coloniser par proximité le canal du trayon puis la glande mammaire.
Une application rapide du désinfectant après la traite permet sa pénétration dans le canal du trayon resté ouvert. Les bactéries présentes à ce niveau sont alors accessibles.
2. La désinfection après la traite permet aussi d'améliorer la peau des trayons. En effet, les nettoyages avant la traite, et l'humidification après la traite fragilisent la peau des trayons, notamment en hiver ce qui provoque des gerçures. Ainsi, dans de nombreuses préparations les désinfectants sont associés à des agents surgraissants ou adoucissants qui maintiennent l'hydratation de la peau et sa souplesse.
De plus, lorsque la peau présente des plaies et des lésions plus superficielles, la multiplication des
bactéries à réservoir mammaire est favorisée et sa désinfection est plus difficile. Une désinfection associée à l'application d'un agent cicatrisant permet d'en accélérer la guérison.
Certains produits de post-trempage, dits "à effet barrière" servent à obturer le canal du trayon entre les traites.
L'efficacité de la désinfection des trayons après la traite
Une désinfection efficace contre les staphylocoques et les streptocoques...
La désinfection des trayons après la traite, qui permet de réduire la fréquence des nouvelles infections intramammaires, est très documentée.
La majeure partie des études menées montrent l'efficacité de la désinfection lors d'épreuves expérimentales: les mamelles sont exposées à des bactéries à réservoir mammaire telles que Staphylococcus aureus et Streptococcus agalactiae.
La réduction du nombre de nouvelles infections à ces bactéries varie de 50 à 95% selon les études et les produits.
L'efficacité de la désinfection variable selon l'état lésionnel des trayons, n'est pas évoquée.
L'efficacité vis-à-vis des autres types d'infections peut être évaluée lors des essais-terrain, avec des
conditions normales d'exposition aux bactéries (voir tableau). Ces essais présentent un inconvénient: selon le type de bactéries dominantes dans les élevages inclus, la variation de la fréquence des nouvelles infections est parfois calculée sur la base d'un nombre limité d'infections. Les résultats sont alors statistiquement non significatifs.
La désinfection des trayons après la traite permet de réduire de 19 à 54% l'ensemble des nouvelles infections (voir tableau).
L'efficacité de la désinfection vis-à-vis des bactéries du genre staphylococcus et streptococcus est
confirmée lors des essais-terrain.
... mais variable sur les bactéries coliformes
En revanche l'efficacité sur les bactéries coliformes est très variable entre les essais (de - 63 à +175% de nouvelles infections par rapport à un témoin négatif) et n'est jamais significative.
Des produits à "effet barrière" ont été spécialement conçus pour limiter les infections par des bactéries à réservoir d'environnement entre les traites.
Comparés à un produit iodé classique, leur utilisation semble peu intéressante vis-à-vis de ce type d'infections (voir tableau).
Dans l'étude de Hogan et al (5), le nombre de nouvelles infections Eschertchia coli a été réduit de 50 à 60% alors qu'aucune activité n'a été observées sur les infections dues à des bactéries du genre Serratia et Pseudomonas.
L'utilisation de produit de trempage à "effet barrière" permet de réduire la fréquence des mammites cliniques de 21 à 37%.
Selon Lam et al, le post-trempage favorise l'expression clinique des mammites dues à des germes environnementaux.
Une étude menée aux Pays-Bas dans des élevages à faible concentratrion en cellules somatiques de tank, où le post-trempage est utilisé depuis de nombreuses années met en évidence une fréquence élevée de mammites cliniques dues à des bactéries à réservoir d'environnement (6).
L'arrêt du post-trempage sur une moitié de la mamelle a permis de réduire de 41 % les mammites cliniques.
Les auteurs en déduisent que le post-trempage permet une telle réduction des infections (y compris celles à agents pathogènes mineurs, dont les staphylocoques à coagulase négative et Corynebacterium bovis) que si les capacités de défense de l'animal sont peu stimulées.
L'infection par des bactéries à réservoir d'environnement s'exprime alors plus facilement par des formes cliniques.
Quelle que soit la bactérie impliquée, la désinfection des trayons ne permet pas de réduire la durée des infections existantes et n'a pas d'efficacité curative.













